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Thursday, March 04, 2010

I'd rather be an outspoken introvert, than an introvert outspoken...

Il y eut une période où je ne pouvais plus écrire, ce fût un état de désaffection généralisée à l'égard de tout ce qui pouvait créer autrefois ma joie, occuper mes pensées ou alimenter mes écrits d'idées même les plus farfelues.
Je n'avais plus envie d'avoir envie d'écrire. Oui, ca aurait bien pû être intentionnel. Je pouvais très bien déborder d'émotions qui me submergeaient jusqu'à l'asphyxie, une fatigue morale me consumait chaque jour un peu plus, me rongeais de l'intérieur et me tiraillait le coeur, mais mon cerveau refusait de m'obéir. Il ne réagissait à aucune de mes pulsions, il existait en dehors de moi, il ignorait désormais ce langage du "ressenti" et a fini par avoir raison de mon état d'émotivité qui frôlait le délire.
Je me sentais faible, fragile, un rien pouvait m'exalter ou me plonger dans le désarroi le plus profond. Parfois quand bien même je me serais décidé à me décharger de ce flux d'émotions, je refusais de le seul moyen d'expression qui m'était possible: l'écrit. Je n'avais plus aucune emprise sur les mots, ils auraient pû m'échapper et je ne pouvais me livrer à ce genre d'écrits quoique j'en ai éprouvé la nécessité. Je refusais de me mettre ainsi à nu mes pensées, et de ne rien mitiger à l'effet de mes mots. Je n'ignore pas ce côté de moi même moi, j'ai toujours été une personne réservée et introvertie...c'est à peine que je me suis résolue à créer ce lieu où je pouvais finalement être "sincère" avec moi même, l'idée même m'aurait parue inenvisageable quelques années plus tôt. Mais je crois qu'il y a toujours une partie de nous qui nous échappe, an uncharted territory, qu'on ne connaît pas nous même et qu'on ne peut révéler aux autres comme il y a des choses qu'on aimerait garder pour soi, c'est notre petit jardin secret, là où on se réfugie when delusion strikes and when the masks fall.

Thursday, January 28, 2010

Smile! you fit the mold...


J'ai lu récemment un extrait d'un livre d'Amélie Nothomb dont je suis tombé immédiatement sous le charme; et comme plus rien ne plaît beaucoup ces derniers jours - du moins côté lecture-, je me suis décidée à explorer l'une des oeuvres de cette écrivaine, dont un de ses livres "l'Elégance de l'Hérisson" me fût recommandé il n'y a pas longtemps par une amie.
Après une petite recherche sur le net, mon choix s'est porté sur "Attentat", un roman qui remettait en question notre perception du beau et du laid, mais qui convoque généralement une plus profonde médiation sur le regard des autres, sur beaucoup de ces paradoxes de la vie, de ces couples d'antonymes sémantiques à qui seuls nos esprits "tordus" (sounds harsh but can't put it another way) semblent donner un sens, un sens dépourvu de tout esprit d'analyse qui ne fait que perpétuer les travers d'un homme qui consomme idées, perceptions, stéréotypes...quitte à ne rien remettre en question qui puisse le bouleverser dans ses traditions et ses idées même les plus faussées.

Ce roman a donc été l'occasion pour moi de revenir sur cette notion de "Normal" et de "Normalité" qui m'a toujours intriguée. Qu'est ce qui lui confère ce caractère d'"incontestabilité"? Qu'est ce qui la rend si "indésacralisable"? Chacun ressent une fierté à s'attribuer telle ou telle qualité pourvu qu'elle lui soit reconnue par une poignée de gens de son entourage, et qu'elle lui procure un certain avantage, ou le rassure tout juste de sa "normalité".
Laid, pauvre, mauvais,...tous ces mots, ces adjectifs que l'on s'invente tous les jours et à travers lesquels on se plaît à identifier les gens et à les cloitrer dedans, n'existent peut-être que par le bais de notre esprit, et ne revêtent d'autre importance que celle qu'on a choisie de leur attribuer, ils sont conditionnés par notre imagination mais ils conditionnent au fond toute notre existence.
Qu'est ce que c'est que d'être normal après tout? Le normal est l'anormal sont-ils en train de muter en deux grandeurs physiques quantifiables et avec eux l'acceptable et l'inacceptable?

Dieu nous a doté d'une faculté de discernement, cette faculté ne devrait se laisser aucunement réduire à des mots figées, des attributs auxquels on est censé correspondre par quelque déterminisme social pour prouver qu'on est finalement c'est individu normal
who fits the mold and who therefore should be fine!

Monday, October 26, 2009

Lecture matinale



" Une liberté individuelle sans cesse augmentée conduira de plus en plus chacun à se considérer responsable de sa seule sphère personnelle, professionnelle et privée, à n'obéir en apparence qu'à s'on propre caprice et en fait aux normes fixant les exigences de sa propre survie. [...] l'homme de demain percevra le monde comme une totalité à son service, dans la limite des normes imposées par les assurances à son compotement individuel; il ne verra l'autre que comme un outil de son propre bonheur, un moyen de se procurer du plaisir ou de l'argent, voire les deux. Nul ne songera plus à se soucier d'autrui: Pourquoi partager quand il faut se battre? Pourquoi faire ensemble quand on est concurrents? Plus personne ne pensera que le bonheur d'autrui puisse lui être utile. Encore moins cherchera-t-on son bonheur dans celui de l'autre.
Le monde ne sera qu'une juxtaposition de solitudes [...], pour contrecarrer cette solitude, beaucoup choisiront de partager à tout âge, avec d'autres, provisoirement ou durablement, un toit des biens, des avantages, des combats, des jeux [...]. Beaucoup checheront dans ces réseaux d'ininies occasions de rencontres précaires rémunérées ou non."


Je n'ai pas choisi de publier cet extrait d'une "brève histoire de l'avenir" pour faire l'éloge de ce prototype humain décrit par Jacques Attali et qui est selon lui la manifestation de la "première vague de l'avenir."
En fait, ce culte du moi, ce mouvement vers le triomphe de valeurs indivudialistes (si tant est qu'on puisse les nommer ainsi) a toujours eu tendance à me faire peur et à susciter ma révulsion.
Ainsi, m'étais-je surprise ce matin à lire et à relire le passage ci dessus, pensant longuement à l'avenir inéluctable vers lequel tend les relations humaines.
Ces valeurs qui régiront le monde de demain, prônant unconditionnellement la prévilégisation du bien être individuel, feront s'ils ne le font déjà que tout le monde soit en quête de cette propulsion du Moi au dessus de la masse humaine, qui n'est désormais qu'un "amas" d'autruis tous considérés concurrents, se livrant ainsi à la recherche perpétuelle d'un bonheur ne pouvant exister qu'en puisant dans celui des autres.
Cette image "morose" quoique loin d'être surprenante pour moi de l'avenir de nos sociétés humaines, ne m'a pas laissé cependant indifférente.
Cet homme n'est-il pas en train de nous livrer sans déguisement quelconque l'image de nos relations de tous les jours sous sa forme la plus crue?
On a beau prétendre ne pouvoir évoluer qu'au sein d'une société en compagnie d'individus, on nous assome chaque jour à coup de doses d'humain, qu'on nous incorpore du matin à l'école jusqu'au soir en regardant sa télé, bref : dans tout ce à dont l'autre puisse prendre part jusqu'à ce qu'on y adhère par quelque candide besoin.
Certes on ne peu nier que ce qui définit l'intinct humain sont les sentiments. Ils sont à la base de toutes nos réactions, on n'agit qu'en réponse à cette pulsion qui n'est autre que celle du ressenti. Un ressenti qui si jamais réprimé ne manque pas de se manifester sans que l'on se rende vraiment compte. Tout celà par rapport à autrui, ce même autrui épris d'absolu dans la satisfaction de ses désirs, dans sa quête perpétuelle du bonheur que rien ne semble pouvoir assouvir.
En écrivant ces quelques lignes le matin dans ma chambre à l'internat, je songeai à quel point je devrais intégrer cette dimension de l'autre dans ma vie quotidienne.
Je ne me plairais pas à me décrire comme étant le modèle humain dont il est question au passage, je suis d'ailleurs loin de pouvoir en faire partie quoique j'en aie vraiment envie par moments. Et si un jour j'y adhère par quelque force majeur, je n'oserai m'en vanter aussi ostensiblement.
Parce que jusqu'à ce moment, je sais que cette perception que je me fais de l'autre ne laisse pas de se répercuter sur mon être, meuble mes moments de solitude de réflexions tous intégrant l'"autre". L'autre puissant, l'autre subversif, l'autre vulnérable, l'autre caméléon ne me cesse de me surprendre chaque jour de plus en plus.